Olympiades de physique au Lycée Pothier

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mercredi 16 mai 2012

Concours C.Génial

 

Un billet important. Mais ne gâchons pas le suspense (trop tard).

 

Retour sur la finale du concours C.Génial

Je vais essayer d'être bref sur le récit de la journée, quoique.

 

Tout a commencé le vendredi soir, où nous avons pu dormir à l'internat du lycée Pothier, pour des raisons pratiques. En effet, le lendemain, lever 5h pour prendre le minibus. Quelques (…) bonbons, un peu de musique, bref tout pour se mettre en forme pour un lendemain qui chante.

A 5h donc, frais comme des ours, nous nous affairons et nous sommes à 6h30 devant le minibus à mettre dans le coffre notre demi-tonne de matériel, nous trois, notre professeur de physique-chimie madame Baurrier, ainsi que Flavio et sa prof de bio, l'autre groupe du lycée Pothier participant à la finale du concours.

Arrivés au Palais de la découverte, c'est le moment de déballer le matériel et de l'installer sur le stand de la bonne manière, sans enrayer la mécanique du dispositif de sécurité du Palais. Après quelques réajustements, le stand est fin prêt !

 

Les jurys passent. Notre oral dure 10 minutes, puis le jury pose des questions. Tout se passe bien, l'expérience réussit, on retrouve bien la famille du plan cristallin qui diffracte pour un certain angle. Nous savons répondre aux questions posées (sur la différence de marche, sur le choix des matériaux, notamment pour la lentille de paraffine, etc.)…

 

Et le moment fatidique des questions en anglais. Premier jury : quel matériau avez-vous choisi pour les billes dans le cristal de verre ? Quel autre matériau auriez-vous pu prendre ? Nous bloquons uniquement sur le mot « plomb » (lead) mais sinon nous arrivons à répondre.

Deuxième jury : résumez-nous votre projet en anglais. Nous avions travaillé l'anglais, aussi nous avons su répondre, chacun parlant d'une partie du projet. Sans vrai accroc. Nous sommes contents.

 

Après manger, le dernier jury passe et tout se déroule bien. Nous passons le reste de la journée à expliquer notre projet à des passants ou des jurys qui ne notaient pas notre prestation, en promenade. 17h15, nous commençons à ranger.

S'ensuit la remise de prix dans la salle de conférences. Avec un léger retard, nous arrivons dans la salle. Le stress (à moins que ce ne soit la fatigue) monte.

Nous obtenons un premier prix. Nous allons représenter la France au concours EUCYS à Bratislava ! Tout s'enchaîne très vite. Nous recevons notre diplôme, petite photo, le temps de se tenir des propos inconsistants et la remise des prix est terminée, gros rush vers le pot final (ça creuse, la physique, apparemment), mais nous avons à parler avec nos « coachs » pour EUCYS, donc pas de petits fours pour nous, pas encore. Je reviendrai à cette conversation d'importance.

Nous partons vite et rentrons tard, et ce n'est pas le titre d'un film français ni d'un roman policier.

(C'est un flou artistique ©)

Avant de parler d'EUCYS, nous tenons à remercier un grand nombre de personnes.

 

Remerciements

Nous avons gagné les olympiades de physique et le concours C.Génial, et ce n'aurait pas été possible sans les autres, qui ne sont pas que l'enfer.

Merci surtout à madame Baurrier sans qui synchrotron serait pour nous le nom d'une marque de tronçonneuses, et sans qui rien n'aurait été possible.

Merci au Proviseur du lycée Pothier pour son grand soutien, ses encouragements et toute son aide, matérielle notamment.

Merci à nos professeurs qui, en terminale comme en première, nous ont toujours donné des conseils (notamment nos professeurs de physique-chimie et d'anglais).

Merci à tout le personnel du laboratoire de physique-chimie du lycée qui avait fini par croire que nous séchions les cours tellement nous étions tout le temps fourrés au bâtiment S pour répéter, et à qui nous venions demander une salle et du matériel (un balai et des pinces surtout) à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Merci aux chercheurs du CEMHTI, notamment D. Zangi, E. Véron et V. Montouillout, pour leur aide et leurs conseils, pour nous avoir accordé beaucoup de temps et permis de faire notre premier oral devant tout un laboratoire du CNRS.

Merci aux professeurs de la faculté d'Orléans A. Pineau et O. Randriamboarison pour leurs explications sur la manip' du cristal tournant.

Merci aux chercheurs de l'INSP pour la visite de l'institut et les nombreuses choses qu'ils nous ont apprises.

Merci aux différents jurys qui ont apprécié et appuyé notre projet.

Merci à nos parents pour leur soutien, leurs photos, leurs voitures parfois !

Merci et félicitations à nos camarades de Tours, de Nantes et de Bourgogne, porteurs d'autres projets avec qui nous avons fini par nous lier (qu'ils n'hésitent pas à nous envoyer des mails pour que l'on reste en contact !).

Merci à nos amis qui nous ont soutenu depuis longtemps et qui nous ont aidé pour notre projet. Je pense à Marine, Pauline, Avotra, Albin, Flavio, Nico, et Paul, par exemple.

 

Et après ?

Nous allons participer au concours européen EUCYS, qui se déroulera du 21 au 26 septembre prochain à Bratislava.

NB : Bratislava est en Slovaquie. Donau so blau so blau.

 

La participation à ce concours suppose un nombre important de changements et de choses à faire, dont je vais faire ci-bas la liste vraiment pas exhaustive.

Le jury du concours C.Génial nous a attribué deux coaches, M-F. Karatchentzeff et F. Perrot, avec qui nous avons parlé après la remise de récompenses. Nous avons pu mettre en exergue un certain nombre de points importants que nous nous sommes empressés de noter pour ne pas les oublier.

 

- Il faut faire un certain nombre de choses pour passer une sorte de petite présélection, rapidement, en anglais. L'anglais pose deux problèmes.

    Le premier, c'est que c'est de l'anglais. Il faudra donc travailler l'anglais (écrit et surtout oral) avec notre prof d'anglais.

    Le deuxième problème, c'est que ce n'est pas de l'anglais, c'est de l'anglais spécifique, qui nécessite un vocabulaire scientifique rigoureux et adapté. Nous avions déjà travaillé certains mots de vocabulaire avec les chercheurs du CEMHTI, et nous aurons probablement besoin de leur aide pour tout ce qui concerne the diffraction, in english please.

- Nous avons rendez-vous le 25 juin au lycée avec nos deux coaches, après le bac, pour travailler un peu (l'anglais et le projet en général, comment l'améliorer), savoir quoi faire pendant les vacances.

- Nous avons un matériel relativement conséquent et très fragile qu'il est nécessaire  d'emporter à Bratislava. Nous avons la possibilité de l'emmener. Au cas où l'on ne puisse pas, il faudrait réaliser une « vidéo de secours » sur laquelle on nous voit manier l'expérience et qu'on puisse commenter en direct.

- Pour améliorer le projet (et peut-être construire un nouveau cristal) nous avons besoin de nouveau matériel (tiges en plastique) et donc d'un nouveau budget. Une demande de nouveau budget a été faite à C.Génial, pour prendre en charge les frais (matériel, déplacements, etc.).

- Il faudra traduire notre poster en anglais.

- Dans la mesure où nous ne serons peut-être plus élèves du lycée Pothier l'année prochaine, nous avons demandé s'il était possible que nous utilisions le matériel du lycée l'année prochaine, car nous continuerons à être le groupe du lycée. Le proviseur a accepté, ce qui résout un grand nombre de problèmes !

- L'année prochaine, du 21 au 26 septembre, il faudra trouver quelqu'un pour nous prendre nos cours !

- Ont été émises les hypothèses de visite du CERN et de stage à l'INSP de deux semaines cet été. IL faudra voir.

 

Les choses à faire

1. Aller sur le site de EUCYS.

http://www.eucys2012.eu/

Je copie-colle certaines choses, notamment :

(from http://www.eucys2012.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=7&Itemid=11)

Please take into account that project title, contestant name and country will be displayed on the stand.

Each stand is supplied with easy and safe access to electrical power, a table (L=100 cm x W=60 cm) and two chairs. Internet access will be available.

This in accordance with the specifications of the European Commission, as such any project which does not fit the size of the exhibition stand won´t be accepted.   

=> Le cristou tiendra-t-il ?

 

L'hôtel : http://www.eucys2012.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=8&Itemid=12

Un quatre étoiles, faites de la physique.

 

ET SURTOUT :

The EUCYS accepts projects entries from all fields of scientific endeavour. However, only projects that have been nominated by the National Organiser in each participating country are admissible.

 

The written project criteria

The written project has five parts. In judging a project the Jury will consider how effectively the contestant(s) has managed to explain their project within the limits of the defined project length.

  1. A typewritten presentation (or essay). The presentation should describe the project. It may be accompanied by original illustrations (graphs, drawings and photographs). It may consist of up to a maximum of 10 pages of written text (A4 format; single sided; double spaced and unbound in a minimum character size of 10 point). It may be accompanied by up to a further 10 pages of illustrations (A4 format; single sided and unbound). No extra materials can be accepted as part of the typewritten presentation. The presentation can be written in any of the official Community languages. Contestants are reminded, however, that the working language of the Jury is English.
  2. A one page scientific summary in English containing the most important points of the project (aim of project, materials and methods, observations and conclusions). 
  3. A clear concise project title in English for the Contest Catalogue. This may be accompanied, if required, by the full scientific title. 
  4. The full original scientific title, in the original language plus the translation of the title into English.
  5. A straightforward description of the project of not more than ten lines in simple English for publication in the Contest Catalogue. Contestants through their National Organiser must ensure that this brief project description should be readily understandable to the reporting media and to interested members of the wider public. 

   

Deadline for the National Organisers to the submission of projects is June 5th, 2012.

 

Autrement dit, comme nous l'a rappelé notre « contact » pour l'organisation de EUCYS :

1. un compte-rendu de 10 pages maximum (format A4, recto, police minimum de 10). Possibilité de joindre maximum 10 pages d'illustrations (A4, recto). Doit être écrit en anglais car jury anglais (pour mettre toutes les chances de votre côté).
2. Un résumé scientifique d'une page comportant les points les plus importants du projet (but, matériel, méthode, résultats et conclusions).
3. Un titre clair et concis en anglais du projet pour leur brochure. Il pourra être accompagné du titre entier si nécessaire.
4. Le titre entier du projet en français et sa traduction en anglais
5. Une description du projet en 10 lignes maximum dans un anglais simple pour leur brochure. Ce résumé doit être clair et compréhensible des médias et du public.

 

On va appeler cela le club des 5.

 

Il faut faire tout cela avant le 1e juin. C'est-à-dire deux semaines. J'ai l'impression de perdre du temps en écrivant ce billet, parce qu'on a vraiment à faire.

 

2. Comme on nous l'a demandé via mail, il faut S'INSCRIRE SUR LE SITE DE EUCYS, et il faut voir ça rapidement parce qu'ils demandent une quantité d'informations incroyable. Non, je ne suis pas végétarien.

 

3. Un résumé de 10 pages, c'est rien. Pour ce billet (avec des interlignes mais en police 11) je suis déjà à 9 pages sous Word. Donc la troisième chose à faire, c'est de taper le rapport, le traduire. Notons que par une certaine inspiration divine, une anticipation d'haruspice salvatrice, Damien avait déjà commencé à traduire le dossier. Il faut s'appuyer là-dessus pour la rédaction du dossier : 10 pages sans compter les annexes. Les 3, 4, et 5 du club des 5 sont relativement faciles, mais le 1 et le 2 sont plus compliqués et il faut se mettre à la tâche dès maintenant.

Damien, envoie-nous ta traduction, et on commence.

Il faut faire cela CE WEEK-END, pour que l'on puisse envoyer le rapport en anglais au CEMHTI pour une éventuelle correction.

 

4. Il faut donc envoyer un mail aux chercheurs.

 

 

Conclusion - Do you speak English?

Nous avons reçu un premier prix au concours C.Génial et il faudra donc travailler pendant deux semaines à la rédaction des différentes choses demandées. On a un long week-end pour cela. Puis on passe le bac, et c'est reparti pour un tour !

Dernière chose (moment émotion) : je suis triste d'annoncer au monde que c'était le dernier billet en français. Dorénavant, les billets se feront en anglais, pour que le jury de EUCYS puisse comprendre le blog, ce cahier de manip' en ligne, cet atout, et aussi (surtout ?) pour qu'on puisse s'entraîner. Projet peut-être ambitieux mais nous verrons. L'anglais est la langue incontournable en sciences. Encore une leçon que ce projet nous a permis d'apprendre et d'expérimenter.

C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante, disait un vieil aviateur.

 

Where is Brian? Brian is in the rotating crystal.

mardi 1 mai 2012

Récap’ 18

Récapitulatif n°18, 01/05/12

 

Il est temps de faire un dernier bilan léger, un dernier petit récap', avant le concours C.Génial, qui est, mine de rien, dans 12 jours (!). Et oui le temps a passé.

Rappelons que le concours C.Génial est le samedi 12 mai au Palais de la Découverte à Paris, toute la journée.

Pour le concours C.Génial, on a pas mal avancé.

On a choisi de ne quasiment plus parler de l'expérience de la diffraction laser, ayant un temps de parole relativement court, pour pouvoir mettre l'accent sur les défauts dans le cristal d'alu, qui nous permet de tirer des applications directes de la diffraction de Bragg, notamment industrielles. Voir les défauts dans les matériaux, connaître les propriétés des matériaux, voilà quelque chose qui est utilisé dans de nombreux domaines (médecine, automobile, etc.).

Après notre visite de l'INSP on peut faire le lien avec des techniques permettant d'analyser les nanomatériaux !

On a donc modifié un peu le diaporama, ajouté une branche au poster, et on n'a plus qu'à travailler l'oral, les 3 fois 10 minutes d'oral devant le jury, dans le stand.

On espère vraiment qu'on aura la place de montrer l'expérience du cristal tournant, parce que c'est ça la physique aussi, l'expérience en direct live, essayer de retrouver en temps réel la famille du plan cristallin qui diffracte pour un certain angle. On peut se contenter de diapos, mais c'est moins marrant.

(On se penche d'ailleurs sur la question de l'anglais, histoire de maîtriser notre projet dans la langue de Shakespeare).

Donc la semaine de la rentrée sera assez… trépidante au niveau des révisions olympiades (on dit toujours olympiades par habitude, c'est comme ça que s'appelle notre site). Pour le stand, on prépare les modélisations 3D, et bien d'autres surprises…

 

Les résultats du Google Science Fair sont le 21 mai.

Mais après ?

Un projet comme ça n'est jamais fini… sauf qu'il y a le bac. Si on oublie un peu le bac (on essaie en tout cas) il pourrait rester des choses intéressantes à faire. Pour l'expérience des billes, je ne vois pas, malgré tout. Pour le cristou, là il y a des trucs.

Sans parler de refaire (ou de se procurer) un cristal d'un autre réseau, pourquoi pas hexagonal ou monoclinique ou autre (ce qui pourrait être marrant : on pourrait retrouver d'autres familles en sortant de notre réseau cubique), il y a possibilité d'aller encore plus loin dans l'étude des défauts dans le cristal.

Le défaut, selon son positionnement, semble affecter certaines familles plutôt que d'autres. Une amélioration possible est de réaliser une série de modèles pour savoir quelle famille est la plus affectée pour une position du défaut précise. Ainsi, sans savoir a priori comment est placé le défaut, il nous sera possible de savoir où il se trouve, et dans quelle position.

 

On peut aussi trouver d'autres expériences, un nouveau moyen de modéliser l'interaction entre la lumière et le matériau, les ondes en général et la matière. A voir…

Voilà, n'hésitez pas à commentez, vous qui lisez ce billet.

On se retrouve au Palais de la découverte !

dimanche 15 avril 2012

Visite de l’INSP - compte-rendu

Visite de l'INSP

 

C'est parti pour un compte-rendu (assez conséquent !) de notre visite de l'Institut des NanoSciences de Paris (INSP), qui a suscité en nous un vif intérêt, et cela peut se traduire par le nombre important de copies doubles de notes prises par chacun !

 

Certains éléments du précédent récap' de Charlie seront repris, et d'autres seront complétées. Peut-être y en aura-t-il de nouvelles !

Nous remercions une fois de plus toutes le personnes de l'INSP de nous avoir accueilli et expliqué leurs recherches !

 

Aussi disponible en .pdf : http://olympiades.pothier11.free.fr/public/Visite_de_l__INSP_final.pdf.

 

 

Pour introduire l'INSP

 

Il s'agit d'un laboratoire public, situé dans le quartier latin parisien (tous les chemins menant à Rome), au sein de l'Université Pierre et Marie Curie (UPMC). Il dépend du CNRS et donc de l'UPMC.

C'est un important laboratoire de recherche (d'où le nom d'institut), composé de 200 personnes. On y trouve des (enseignants-)chercheurs (environ 90), des ingénieurs, chargés d'administration (environ 50), mais aussi d'un nombre important nombre de doctorants bien encadrés (environ 35 ; il faut noter que l'on a été invité à y faire notre thèse !) et des visiteurs.

 

L'INSP a différentes missions :

faire avancer les connaissances, via la recherche fondamentale (on veut comprendre les mécanismes) ;

partager les connaissances, auprès de la communauté scientifique, grâce aux congrès et publications scientifiques dans des revues internationales (en anglais !) ; mais aussi auprès du public, via la Fête de la science notamment.

 

L'INSP, comme son nom l'indique, s'occupe d'un domaine de recherche particulier : les nanosciences, à ne pas confondre avec les nanotechnologies. Le but est d'étudier et de comprendre les changements à l'échelle à atomique, pourquoi certains phénomènes se produisent quand on réduit les échelles.

Cette recherche a diverses applications, dont, bien évidemment, les nanotechnologies, mais aussi les telecoms ou encore en science de la vie et de l'environnement.

 

Comme on l'a vu dans notre projet, pour pouvoir analyser un matériau, il faut utiliser une onde de longueur d'onde adaptée, c'est-à-dire de même ordre de grandeur. Mais si l'on prend des objets plus petits que la longueur d'onde, que se passe-t-il ? On observe de nouveaux phénomènes. Par exemple, certaines petites billes (des nanomatériaux) restituent par fluorescence les UV auxquelles elles sont soumises.

 

Il y a certains termes techniques :

• « top-down » : on part de quelque chose de « gros » pour aller au « petit ». Un « top-down » se fait dans une salle blanche, c'est-à-dire une salle propre, avec, pour donner un chiffre, moins de 1000 poussières par pied cube.

• « bottom-up » : on fabrique un objet ou un ensemble d'objets ayant tous les mêmes tailles et caractéristiques. Cette fois-ci, on a besoin d'ultra-vide. On « jette » des molécules sur les matériaux. On fabrique ainsi des matériaux plan par plan.

 

Pour voir la matière, nous avons à notre disposition différents intermédiaires, du plus simple (?) à quelque peu plus complexe : Œil → loupe → microscope électronique (à balayage -pour voir la surface-, ou à transmission) → microscope à champ proche, à effet tunnel (on analyse le courant entre une pointe et un matériau) ou à force atomique (qui permet de voir et manipuler les atomes).

 

On dispose aussi d'autres outils, tels que les accélérateurs d'ions ou l'utilisation de l'optique ultra-rapide (sources laser femto seconde (10-15 s !)).

 

Le labo « opale »

 

On y analyse des cristaux photoniques, c'est-à-dire qu'ils ont une périodicité à 400-500 nm.

Le but est de contrôler les propriétés d'émission des nanomatériaux en les mettant dans des cristaux photoniques. On s'intéresse à la direction de l'émission, mais aussi leur temps de vie.

 

Les opales sont des cristaux photoniques. On peut les comparer à des balles de ping-pong empilées, une balle s'intégrant dans le creux formé par les balles qui sont en dessous. C'est un système auto-organisé.

 

La synthèse des opales nécessitent des billes de silice, de l'ordre de 200 à 400 nm de rayon, que les chercheurs de l'INSP fabriquent (par l'hydrolyse d'un précurseur) eux-mêmes (par souci de qualité), qui vont s'organiser afin de compenser le manque d'électrons. Il y a deux méthodes de synthèse : soit on place les billes de silice dans un solvant (de l'éthanol), que l'on laisse s'évaporer ; soit on fait la synthèse par sédimentation, procédé qui demande du temps (3 mois environ).

On analyse ensuite l'opale synthétisée grâce à un AFM (microscope à force atomique). On a alors accès à la structure cristallographique du matériau, très organisée. La surface de l'opale est en outre uniforme, et si on change la direction de l'éclairement, la lumière renvoyée change de couleur, ceci étant du au phénomène de diffraction.

On peut analyser ce que l'on appelle des monodomaines (50µm de côté, bien organisés).

    

N.B. L'angle de l'émetteur par rapport à la normale est le même que l'angle du récepteur par rapport à la normale.

 

On peut modifier ces différents angles, et ainsi « déduire » de cette expérience la loi de Bragg.

On observe en effet des pics, dont l'abscisse (la longueur d'onde de l'onde renvoyée) est caractéristique d'un angle précis ; pics qui sont la manifestation optique de la structure du matériau.

Pour une opale donnée, l'angle 20° correspond un pic d'abscisse 600 nm ; 30° à 570 nm.

Pour des angles plus grands (45-50°), si l'opale est suffisamment ordonnée, on constate même un deuxième pic, qui va se déplacer en fonction de la longueur d'onde.

Finalement, on voit le pic de Bragg et un deuxième pic de réflexion. On peut donc avoir diffraction sur deux autres plans : (-1,1,1) et (2,2,0).

 

 

On constate avant le pic de Bragg (dédoublé -double réflexion- ou non) la présence de franges (les petites oscillations avant le pic), qui proviennent des interférences (constructives) de la lumière réfléchie par les faces supérieure et inférieure de l'opale. L'écartement entre les franges donne par ailleurs la taille, l'épaisseur de l'opale.

Le deuxième pic dépend de l'angle que l'échantillon fait par rapport à la normale. Il apparait tous les 60°.

 

Tout cela constitue une méthode d'analyse optique des qualités cristallographiques de l'opale.

 

On peut aussi diminuer l'émission en insérant à l'intérieur de chaque bille de silice un nano-cristal. On obtient alors des nano-sources pour analyse quantique, qui envoie un photon à la fois ;

 

Le labo « optique, acoustique »

 

Nous avons ensuite visité un deuxième laboratoire, plus orienté acoustique et optique. Attention au laser, ça brule les yeux !

 

On analyse des objets qui présentent une même périodicité. L'onde va sentir cette périodicité et la longueur d'onde va être modifiée.

 

On a besoin d'une onde élastique. Pour cela, on commence par générer des vibrations, que l'on engendre grâce à des lasers.

95% de la lumière est réfléchie ; 5% est absorbée. Cela se traduit par une augmentation de température. La dilatation va se relaxer, s'évacuer dans le système.

 

Comment l'onde élastique produit est-elle capable d'interagir avec des cristaux photoniques ?

Prenons le cas d'un réseau parfaitement organisé, auquel on a inséré un défaut.

Les trous sont extrêmement réguliers, espacés d'une distance parfaitement définie.

 

Comment changer la fréquence de l'onde élastique ? L'impulsion du laser est brève (30 ps). Pour imprimer une fréquence, on projette l'image d'un réseau (1D) sur la surface de l'échantillon. Chaque trait va absorber, puis émettre des ondes élastiques : alternance zone dilatée, non dilatée, dilatée. On obtient ainsi une certaine longueur d'onde.

 

Une onde élastique est une vague. Un interféromètre permet de diviser une onde lumineuse en deux, et de les recombiner. En fonction de la distance parcourue, les deux nouvelles ondes seront en plus ou moins en phase ou en opposition de phase. On observera donc des interférences constructives ou destructives, et des intensités lumineuses différentes.

 

Le minimum détectable par cette méthode est de 10 pm, mais les chercheurs espèrent gagner un facteur 2.

On se focalise sur des tâches de l'ordre du µm, et on va sonder l'échantillon avec défaut.

 

On envoie donc l'onde l'élastique sur l'échantillon. On fait des mesures point par point (à chacun d'entre eux, l'onde arrive et part), et on obtient une figure en 3D, dont les axes sont le temps, l'espace et l'amplitude.

 

Néanmoins, certaines fréquences ne peuvent pas passer dans le système. On parle alors de gap : borne de fréquences qui ne peuvent pas passer dans le système.

 

Ex : Pour un échantillon donné :

17MHz : l'onde arrive sur le système, puis revient

12MHz : l'onde passe, ne revient pas.

 

Si on fait des mesures avec des fréquences qui sont dans le gap, l'onde pénètre et s'amortit de manière exponentielle. Une partie peut quand-même atteindre le cœur de l'échantillon.

 

L'onde va alors devenir stationnaire (ce qui permet des interactions entre la lumière et le son).

On espère que, si on met des traces de quelque chose de micrométrique, il va perturber les interactions.

 

Solution pour un avenir radieux :

Faire un laser avec du silicium : retraite paisible à Hawaï assurée !

 

 

Le labo « microscope à effet tunnel »

 

Direction le sous-sol de l'INSP pour voir un microscope à effet tunnel (MET). Premières réactions : c'est impressionnant et ça prend de la place ! Le sol et le plafond ont même été coupés !

Un tel appareil fonctionne sous ultra vide, à savoir 10-11 millibar. Un des éléments de ce microscope (le cryostat) est à une température de 0,3K.

 

 

Notons qu'une bonne semaine est nécessaire au réchauffement de ce dispositif, pour passer de 300mK à 300K.

 

Le but est de regarder les mécanismes microscopiques qui donnent certaines propriétés aux matériaux.

Prenons l'exemple des supraconducteurs. Il existe des supraconducteurs conventionnels, qui, à une certaine température (4K) repoussent et n'ont plus de résistance électrique ; mais aussi des supraconducteurs de type nouveaux, qui ont les mêmes propriétés, mais à une température de 100K. Pourquoi ?

 

On veut faire des mesures extrêmement précises et analyser à l'échelle adaptée les propriétés de l'atome, dont la taille caractéristique est l'Angström (1Å = 10-10m). On ne peut donc pas utiliser l'optique ; il n'y en a donc pas dans un MET.

 

Principe :

Une pointe métallique se rapproche au nanomètre près de la surface à étudier. Entre la pointe et l'échantillon, il y a du vide. A cette distance, on observe des effets de la mécanique quantique : même si les matériaux sont isolants, on peut faire passer un électron entre la pointe et la surface.

L'effet tunnel n'existe que dans la mécanique quantique : même s'il n'a pas assez d'énergie cinétique, l'électron peut traverser le vide.

 

Le courant est proportionnel à e-d, où d est la distance entre la pointe et le surface.

Lorsque l'on déplace la pointe, on peut enregistrer des différences de tension.

Cependant, on veut garder une tension constante : on fait donc aussi bouger la pointe en hauteur.

 

On peut ainsi cartographier l'échantillon et ses propriétés électroniques.

Le MET permet de voir l'ordre atomique à la surface et les propriétés électroniques à 10-10.

 

Si on prend un motif circulaire (avec un trou au milieu) qui se répète (un réseau hexagonal par exemple -symétrie du cristal de silicium-), il peut y avoir un certain nombre de défauts, comme des dopants (autres types d'atomes) ou des absorba.

 

 

Sur un support, on veut faire croître des nanostructures pour analyser leurs propriétés supraconductrices. Pour cela, on réalise une spectroscopie tunnel.

 

 

Ce spectre d'excitation d'un matériau donné est la signature que tous les électrons du supraconducteur sont dans le même état quantique.

 

 

Le labo « propriétés optiques », ou comment rester 6h dans le noir, à la seule lumière d'un laser !

 

Le dernier labo que nous avons visité étudie les propriétés optiques des nanomatériaux. Ces nanomatériaux sont des boîtes quantiques : leurs propriétés électroniques sont quantiques. Si on prend un atome, l'énergie des électrons est quantifiée, d'où le nom « quantique ».

 

On crée un nanomatériau, où les états électroniques sont discrets. Si on les excite, ils émettent de la lumière quantifiée.

Le but est d'obtenir un objet source de photon unique. Il est important de noter qu'une lampe classique émet 1023 photons par seconde et que l'œil doit en recevoir 10 millions minimum pour voir, pour se rendre compte de l'ampleur de la recherche.

 

Pour étudier les propriétés optiques, il faut exciter les mono-objets avec des lasers.

On a pu le voir le montage ; il est assez impressionnant, avec tout un système d'optique (lentilles, miroir), posé sur des tables sur lesquelles il ne faut absolument pas s'appuyer, sous peine de modifier l'alignement du système, qui est primordial. Et finalement un faisceau laser qui a une puissance de 1 à 8W !

 

L'impulsion lumineuse du laser fournit de l'énergie au nanomatériau, qui va émettre des photons. On veut les détecter. Pour cela, on utilise soit la spectroscopie, soit un compteur de photons.

Ce dernier permet de savoir si l'on a affaire à une source de photon unique. Il enregistre en effet un signal START (un photon) et un signal STOP (un autre photon). Si le nanomatériau est bien une source de photon unique, il n'y a pas de coïncidence à t=0, ce que l'on nomme coïncidence à délai nul, c'est-à-dire que les signaux START et STOP ne sont pas instantanés. C'est une mise en évidence du caractère corpusculaire de la lumière.

 

[On peut d'autre part coder des informations sur un photon : c'est ce que l'on appelle des informations quantiques.

Cf. Ordinateur quantique : superposition de bits, de 0 et de 1.]

 

On peut se déplacer au dessus de l'échantillon : platine de Piezzo. On obtient des pics, chacun est la signature d'une boîte quantique, laquelle capte et renvoie des électrons.

 

 

http://www.insp.jussieu.fr/

 

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